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Le nouveau JAUFFRET décortiqué par Jean-Louis Kuffer.
Sans laisser d'adresse est le titre du nouvel Harlan Coben. On vous en parle.
Patrick de Carolis se livre à Brice Depasse.
Le nouveau Stephen KING sortira en mars prochain. Le Dr Corthouts l'a déjà lu.
Bernard PIVOT s'entretient avec Jean-Louis KUFFER.
Special Livre de Bord avec Marc LEVY.
DAN BROWN revient enfin Le symbole perdu son nouveau roman est en librairie. Qu'en penser ?
Classique SOLLERS Le Disours parfait de Philippe SOLLERS est-il une nouvelle bible ? Jean-Louis KUFFER y répond.
ALEXANDRE JARDIN Entretien à propos de son nouveau poche "Chaque femme est un roman"
JEAN d'ORMESSON s'entretient avec Brice & Nicky dans une spéciale de Livre de Bord.
Rien d'étonnant au fait qu'Hollywood ait acheté les droits de ce livre autobiographique dans lequel notre compatriote, l'anversois Stan Lauryssens, raconte une vie de faussaire, plutôt de vendeur de faux. Son "coup d'éclat" (qui lui vaudra de se faire arrêter à deux reprises) sera le trafic de faux Dali dont une partie venait des ateliers du maître lui-même ! Le livre s'articule en trois parties, la centrale axée sur la vie de Dali : les révélations étonnantes et les anecdotes truculentes sont légion.
STAN LAURYSSENS - Nicky Depasse 1
STAN LAURYSSENS - Nicky Depasse 2
Ma vie criminelle avec Salvador Dali, Stan Lauryssens, L'Archipel, février 2010, 227p., 19€95.
Ils ne m'entendaient pas, ne me voyaient pas. Je n'étais pour eux qu'un simple prolongement de l'aspirateur, la même mécanique, tout juste agrémentée d'une blouse et de gants en plastique. C'est à une vraie démarche journalistique que Florence Aubenas - grand reporter au Nouvel Observateur - se livre: explorer, sur le terrain, la précarité des emplois peu qualifiés. Teinte en blonde, le regard dissimulé par le port permanent de lunettes, l'ex-otage ravie, en 2005, lors d'un reportage en Irak, s'installe à Caen, en février 2009 et parvient, curieusement, à garder l'anonymat : elle plaidera, aux rares personnes qui penseront la reconnaître, la coïncidence de l'homonymie. Son âge avancé - 48 ans, en 2009 - et un CV rendu vierge de toute expérience professionnelle la classeront, auprès des agences "Pôle emploi" dans la catégorie des "Hauts risques statistiques". Le seul débouché envisageable impose une formation d'agent d'entretien et la disposition inéluctable d'une voiture. Un récit de galère, celle des emplois précaires, des horaires, du rythme de travail et de quelques scandaleux faits d'exploitation s'entame, qui décrit finement les relations humaines qui se tissent à tous les niveaux. L'écriture de Florence Aubenas allie la précision journalistique et le rythme alerte à quelques traits d'humour véritablement bienvenus. L'expérience se conclura, en juillet 2009, lorsque Florence Aubenas décrochera le CDI qu'elle s'était fixé comme enjeu:Parmi les règles que je m'étais fixées, il y avait celle d'arrêter cette expérience dès qu'on me proposerait un contrat de travail définitif. Je ne voulais pas bloquer un emploi réel. Apolline Elter
Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas, éd. de l'Olivier, fév. 2010, 276 pp, 19 €
Tu me croiras si tu veux, mais ce livre, je l'ai d'abord écrit pour moi. Pour me rappeler ce que j'ai vécu avec toi pendant treize ans. Que nous nous sommes aimés, vraiment. Que nous nous sommes mariés. Que nous avons formé une famille. Que j'ai aimé tes enfants. Que nous avions des rêves. Que nous nous sommes battus pour une même cause politique. Que tu as risqué ta vie et perdu six ans pour cette cause. Et que je ne suis pas resté six ans à t'attendre sans rien faire. La parution du livre de Juan Carlos Lecompte met à mal le mythe de l'ex-otage des FARC. Il pose surtout la question de l'étrange et ingrate attitude d'Ingrid Betancourt à l'égard de celui qui fut son deuxième mari et qui se dépensa sans compter - abandonnant toute occupation professionnelle - pendant les six années de sa captivité. Traçant les circonstances de l'enlèvement de la célèbre otage colombienne, des actions entreprises durant les années de captivité jusqu'à celle, controversée, de sa libération, Juan Carlos Lecompte décrit aussi les relations au sein de la famille: s'il a grande estime pour Fabrice Delloye, premier mari d'Ingrid et leurs enfants, Mélanie et Lorenzo, il n'en va pas de même pour Yolanda, sa belle-mère, à qui il impute, la distance prise par sa fille. Un livre écrit à la fois pour consigner le deuil d'un amour, mais aussi ses plus belles pages et inviter Ingrid à ce dialogue attendu depuis le jour de sa libération. Un dialogue libératoire lui aussi? Pris entre le feu de l'émotion inspirée par Juan Carlos Lecompte et de la sympathie vouée à Ingrid Betancourt, le lecteur se prend à souhaiter ce droit de réponse sollicité. Il réalise, en tout cas, qu'une captivité de si longue haleine laisse des traces bien amères. Je n'écris pas ce livre pour te faire du mal, mais pour me faire du bien. Pour clôturer un chapitre de ma vie. Même si je sais que je ne t'aime plus, je veux me souvenir pourquoi je t'ai aimée. Sans cela, mon long et douloureux combat n'aurait eu aucun sens. Et si de ton côté, tu as cessé de m'aimer aussi, ce n'est pas grave. Cela arrive. Seulement, j'aimerais que tu te rappelles que ton ex-mari s'est mobilisé pour toi de tout son corps et de tout son coeur. Tu vois, Ingrid, ce n'est qu'un livre d'amour, finalement. D'amour-propre et d'amour tout court" Paris et Bogotá, novembre 2009. Puisse ce paragraphe n'être que fin provisoire. Apolline Elter
Ingrid et moi. Une liberté douce-amère. Juan Carlos Lecompte, éditions Alphée - Jean Paul Bertrand, janvier 2010, 210 pp, 21,90 €
"Après Le Chat est content et De Kat is tevreden, voilà que les Éditions Casterman à Bruxelles font paraître De Kat ès véés kontènt, une version en patois bruxellois de l’album désopilant de Philippe Geluck, dans laquelle la gouaille et l’insolence mâtinées de réflexions paradoxales se déploient avec un naturel et une suavité dignes de l’antique." Et nous abondons dans le sens de ce qu'écrivait notre excellent confrère Bernard Delcord il y a quelques semaines dans ces colonnes. Depuis Le mariage de mademoiselle Beulemans et Bossemans et Coppenolle, nous savions que le parler bruxellois est le parfait idiome de la zwanze. Si pour le comprendre, il faut être un echte Brusseleer ou à tout le moins manier un minimum la langue flamande, Nicky a posé ses micros dans 'staminet du centre de Bruxelles pour y recueillir les confidences de Flup'ke Geluck et de son traducteur, Joseph Justens.
JOSEPH JUSTENS - Nicky Depasse
PHILIPPE GELUCK - Nicky Depasse
De Kat ès véés kontènt par Flup’ke Geluck, traduction en bruxellois par Joseph Justens, Bruxelles, Éditions Casterman, février 2010, 48pp. en quadrichromie au format22,7 x 30,4 cm sous couverture cartonnée en couleur, 10,40 €
En mars 2009, l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve a organisé un colloque historique sur la vie et l’œuvre du roi Léopold II de Belgique, colloque auquel participa, outre le grand historien congolais Isidore Ndaywel è Nziem, une belle brochette de « dix-neuvièmistes » de notre pays (Francis Balace, Véronique Bragard, Sabine Cornelis, Tanguy de Wilde d'Estmael, Vincent Dujardin, Michel Dumoulin, Gustaaf Janssens, Stéphanie Planche, Pierre-Luc Plasman, Philippe Raxhon, Valérie Rosoux, Yves T'Sjoen, Mark Van den Wijngert, Jan Vandersmissen, Laurence van Ypersele, Jean-Luc Vellut, Vincent Viaene et Els Witte). Leurs contributions ont été rassemblées dans un passionnant recueil intitulé Léopold II entre génie et gêne. Politique étrangère et colonisation paru récemment aux Éditions Racine à Bruxelles. Toutes les facettes de ce personnage illustre et contesté sont mises au jour avec une louable mesure : sa jeunesse, son éducation, ses options religieuses, sa doctrine coloniale, son attitude face à la guerre franco-allemande de 1870, sa supposée francophilie, sa politique extérieure, son action en faveur d’une « plus grande Belgique », ses réactions face aux campagnes anti-congolaises, le contenu de ses archives, ses représentations dans la presse ou à l’école, dans la littérature ou dans les arts (populaires, contestataires et officiels) et la perception que l’on a aujourd’hui de lui en République Démocratique du Congo. L’une des originalités de l’ouvrage tient à ce qu’aux travaux historiographiques succèdent des études aux accents politiques, sociologiques, littéraires et artistiques, qui livrent un portrait original du grand monarque tout à la fois vénéré et décrié (notamment dans une pièce de théâtre méconnue de Hugo Claus, habilement décryptée). De la belle ouvrage, en vérité ! À nos lecteurs de Flandre, nous signalons que ce livre est publié simultanément en néerlandais chez Lannoo à Tielt sous le titre Leopold II. Schaamteloos genie? Buitenlandse politiek en kolonisatie. Bernard DELCORD Léopold II entre génie et gêne. Politique étrangère et colonisation sous la direction de Dujardin (V.), Rosoux (V.), de Wilde d'Estmael (T.), Planche (S.) et Plasman (P.-L.), Bruxelles, Éditions Racine, novembre 2009, 412 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture cartonnée monochrome et jaquette en couleur, 34,95 €
Cet article a paru dans la livraison du 17 mars 2010 de l’hebdomadaire satirique bruxellois PAN :
Saluons la réédition aux Éditions Luc Pire à Bruxelles des Sept machines à rêver de Gaston Compère (1924-2008) qui tint avec un brio incontestable la chronique des livres dans PAN au début des années 1990. C’est que l’auteur de La femme de Putiphar (Prix Jean Ray 1975), de Portrait d’un roi dépossédé (Prix Rossel 1978), de De l’art de parler en public pour ne rien dire et, surtout, de Je soussigné, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne – qui fit forte impression sur un Bernard Pivot pourtant habitué des découvertes, lequel en chanta les louanges dans sa fameuse émission Apostrophes – , alliait tous les talents : docteur ès lettres (avec une thèse retentissante sur l’œuvre de Maeterlinck, défendue à Liège), poète, compositeur classique, dramaturge, nouvelliste et romancier, doté d’une puissance évocatrice inouïe dans une langue merveilleuse. Au point qu’en 1988, il a obtenu, pour l'ensemble de son œuvre, le Grand Prix international d'expression française décerné par la Fédération internationale des Écrivains de langue française… Professeur à l’athénée d’Ixelles, il avait composé pour ses élèves des dictées remarquables, à la façon des Histoires naturelles de Jules Renard, sur les plantes qui poussaient dans les jardins de son enfance, dictées qui furent réunies plus tard dans Les jardins de ma mère, un émouvant recueil de souvenirs. Les Sept machines à rêver, parues chez Belfond à Paris en 1974, étaient devenues introuvables. Gageons que les lecteurs d’aujourd’hui, amateurs de ce réalisme magique qui sied si bien à l’esprit et aux lettres de nos contrées, s’enthousiasmeront pour Les marécages de l’air, La brume noire, Inge, Le guillaume et ses parasites, Le temps fluide, Angelika, ou encore No man’s land, ces petits bijoux traitant d’un amour qui n’en finit pas de mourir, d’un homme que l’on attend et qui frappe à la porte tandis qu’on agonise, d’un oiseau qui n’existe pas, d’une ange démoniaque, d’un meurtre extatique ou d’une ville de Germanie que l’on a peut-être connue… PANTHOTAL Sept machines à rêver par Gaston Compère, Bruxelles, Éditions Luc Pire, collection « Espace Nord », mars 2010, 315 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8 €
Chroniqueur musical de variétés sur France 2 dans l’émission « Télématin », Frédéric Zeitoun a rassemblé, dans Si les chansons m’étaient contées paru naguère aux Éditions Jean-Claude Gawsewitch à Paris, un grand nombre d’informations sur la genèse, les tours et les alentours d’une kyrielle de chansons qui sont dans toutes les mémoires : Le Gorille de Georges Brassens, Milord d’Edith Piaf, Je m’voyais déjà de Charles Aznavour, Belles, belles, belles de Claude François, Céline de Hugues Aufray, Lucy in the Sky with Diamonds des Beatles, Je t’aime moi non plus de Serge Gainsbourg, Your song d’Elton John, San Francisco de Maxime Le Forestier, Angie des Rolling Stones, Le zizi de Pierre Perret, La Ballade des gens heureux de Gérard Lenorman, Le Sud de Nino Ferrer, L’Été indien de Joe Dassin, Hotel California des Eagles, Mélissa de Julien Clerc, Cœur de loup de Philippe Lafontaine, Bouge de là de MC Solaar, Je t’attends d’Axelle Red, La Corrida de Francis Cabrel, Si seulement je pouvais lui manquer de Calogero et bien d’autres encore… Chacune d’elles est replacée dans son contexte et présentée sous l’angle des secrets de fabrication, des caprices de stars et des anecdotes savoureuses, mixés dans un cocktail bien rafraîchissant… pour la mémoire ! Bernard DELCORD
Si les chansons m’étaient contées par Frédéric Zeitoun, Paris, Éditions Jean-Claude Gawsewitch, septembre 2009, 221 pp. en noir et blanc au format 13 x 21 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 17,90 €
Retrouvez Frédéric Zeitoun tous les jours sur "Télé Mélody", une chaîne du bouquet Nostalgie sur Belgacom TV.
Nous sommes de plus en plus nombreux à le dire et à le redire : la poésie est essentielle, c’est le langage par excellence. « La poésie n’a rien à voir avec la littérature » ose même Sollers ! Ou ailleurs, le même : « L’enfer aujourd’hui, c’est le non-accès à la poésie elle-même. » C’est dire si l’arrivée d’un livre de Lucien Noullez peut être saluée avec grand bonheur. Le titre « Impasse des Matelots » fait référence à une minuscule venelle près du Quai au Foin à Bruxelles. L’auteur explique : « Ces poèmes, écrits dans la vie, regardent flotter les matelots des villes et des mers. » Dès le premier vers, nous sommes emportés : « La lenteur arrivait à marée basse. » Dites-le à voix haute, répétez-le et vous en goûterez tout le suc ! Une première partie du recueil nous parle donc de la lenteur et, d’une manière mystérieuse, tous les textes nous sont donnés dans la lenteur, tel « A quatre pattes, le boxeur – entend des oiseaux de cristal. » Il est question ensuite d’un « ramasseur d’oiseaux » : « … Tu ramasses la joie parfaite – comme on écoute un merle noir. » Comment dire mieux ? Dans le chapitre (et comme Lucien Noullez est belge de toute son âme ! Le capitaine Haddock n’est pas loin…) « Mille sabords », on lit : « Mais la coque du monde – est pleine de bois et de trous… » Tant d’instants encore… Prenez « Un poète », rien à jeter comme le chantait Brassens : « Des pluies parfois – nous disent que le ciel est bleu – et des marins – transpercent le gris du regard. – Mais le lecteur – met une poutre dans son œil. – Il ne voit rien.- Il me ressemble. » Et puis sachez qu’il s’agit bien d’un poète d’aujourd’hui (« On n’est plus tellement présent au monde. – On presse des boutons – et quelque chose advient. » ou « Avant, il faudra payer l’Amérique – et les pannes d’ordinateur. ») La musique, qui a précédé le langage, est partout dans « Impasse des Matelots » : Messiaen, Mahler, Brahms… mais aussi son père (qui lui a sûrement donné le sens de la poésie, lui qui utilisait l’expression « les loups fument » pour désigner les colonnes de brume qui montaient des coupe-feux taillés dans les bois des collines mosanes, nous explique Lucien !) On y parle aussi d’anges, de baisers, de la langue grecque et de petits chiens ; ce que nous serions selon saint Marc. J’adore ça ! Et puis, pour vous donner le désir de la poésie, encore un dernier vers magnifique à propos des chiens : « Lancez des coquillages, ils apportent la mer » !
Impasse des Matelots par Lucien Noullez. Ed. L’âge d’homme. Collect. La petite Belgique. 2010. 96 pp. 14 euros.
C'est dur de n'avoir que sa vie quand elle est vide de tout, mais coupante comme un éclat de verre. Que donc contient l'encombrant paquet, accroche énigmatique du monologue écrit et mis en scène par Philippe Claudel (Les âmes grises, La petite fille de Monsieur Linh, Le rapport de Brodeck, Il y a longtemps que je t'aime, ...)? Tandis que le lecteur (spectateur) se répand en conjonctures, tour à tour, terre-à-terre et existentielles, il se voit emporté dans le tourbillon d'une logorrhée aux accents beckettiens. Un monologue qui le prend à témoin, d'une vie rêvée ou dépréciée, mêlée de banal tragique, de loufoque pathétique. Moi, j'ai seulement pris tout ce qui traînait, nos bassesses, nos veuleries, nos promesses reniées, toute la laideur du monde et celle de nos actes, et j'en ai fait un gros paquet. Toutes ces ordures, il faut bien que quelqu'un se dévoue pour les ramasser et les déverser quelque part! Créée en janvier 2010, avec Gérard Jugnot dans le rôle principal...et unique, la pièce se joue jusqu'au 27 mars au Petit Théâtre de Paris. Apolline Elter
Le paquet, Philippe Claudel, Théâtre, Stock, janvier 2010, 88 pp, 10€00.
Seule biographie du poète (et unique à ce jour, Jean Ferrat : de la fabrique aux cimes par Bruno Joubrel paru en 2008 aux Belles Lettres à Paris étant le texte remanié d'une thèse de doctorat de musicologie), le Jean Ferrat de Jean-Dominique Brierre paru en 2003 aux Éditions de l’Archipel à Paris revient sur le devant de la scène avec les adieux définitifs à l’auteur, compositeur et interprète décédé le 13 mars 2010 à Aubenas en Ardèche, où il s’était retiré dès 1973. Benjamin de quatre enfants, il était né le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Hauts-de-Seine) d’une mère fleuriste et d’un père bijoutier. Celui-ci, d’origine juive (le vrai nom de Ferrat était Tenenboom), fut déporté à Auschwitz où il est mort le 5 octobre 1942. Ce drame de l’enfance, et le fait qu’il a été caché par l’un des responsables de la résistance communiste en région toulousaine, marqueront au fer rouge le cœur et la conscience du chanteur qui, s’il connut le succès dès 1960 avec Ma Môme, a crevé les plafonds en 1963 avec Nuit et Brouillard, un hommage formidable aux victimes de la barbarie nazie. Compagnon de route du parti communiste, partisan des révolutions russe et cubaine (Potemkine, Oural ouralou, Camarade, Cuba si), interprète inspiré d’Aragon (Les yeux d’Elsa, C’est si peu dire que je t’aime, Les lilas, Heureux celui qui meurt d'aimer), admirateur de Lorca et de Neruda, il fut lui aussi un grand chantre de l’amour (C’est toujours la première fois, Nous dormirons ensemble, Tu ne m'as jamais quitté) et un poète sensible à la vie quotidienne des petites gens (La Montagne, On ne voit pas le temps passer, Sacré Félicien) en même temps qu’un militant politique de gauche (Ma France, En groupe en ligue en procession, La Commune, Pauvre Boris [en hommage à Vian]) et un défenseur du féminisme (La femme est l'avenir de l'homme, Une femme honnête n’a pas de plaisir). Progressivement revenu du communisme après l’écrasement du Printemps de Prague en 1968 (Au printemps de quoi rêvais-tu ?, Le bilan), il s’est retiré dans un village lointain d’où il prenait de temps à autre la plume pour enguirlander les instances ministérielles françaises en raison de leur manque de soutien aux jeunes artistes non commerciaux. C’était un homme généreux, fidèle en amour et en amitié, discret dans sa vie privée, qui traîna à jamais la mort injuste de l’auteur de ses jours. L’une de ses dernières chansons, enregistrée en 1991, s’intitule d’ailleurs Nul ne guérit de son enfance. Il est même hélas des enfances qui vous tuent à jamais… Bernard DELCORD Jean Ferrat par Jean-Dominique Brierre, Paris, L’Archipel, 2003, 281 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 17,95 €
Ce livre n’était plus disponible mais l'éditeur en ressortira une version mise à jour avec nouvelle couverture le 31 mars 2010.
Rédigé par une pléiade d’auteurs contemporains, le Dictionnaire des personnages populaires de la littérature qui vient de paraître au Seuil à Paris ne manque ni de sel ni de piment ! C’est qu’il forme des couples improbables valant le détour : Cosette par Amélie Nothomb, Lady Chatterley par Catherine Millet, Tarzan par Alain Mabanckou, Fifi Brindacier par Mo Yan, Vautrin par Jean Vautrin… Car une centaine d’écrivains (parmi lesquels Pierre Assouline, Denis Tillinac, Jean-Baptiste Baronian, Danielle Sallenave, Gilles Lapouge, Michel Quint, Patrick Grainville, François Rivière, Emmanuel Pierrat et autres Bob Garcia) s’y attachent à faire revivre un de leurs personnages préférés de la littérature romanesque, à rappeler sa genèse et ses aventures, à jauger sa postérité. Du capitaine Achab de Moby Dick à Zorro en passant par Angélique, marquise des Anges, Belphégor, Nestor Burma, le Club des Cinq, Croc-Blanc, Harry Dickson, Emmanuelle, les Filles du docteur March, Flicka, Frankenstein, le Grand Meaulnes, Ivanhoé, Jacquou le Croquant, Lolita, le commissaire Maigret, Meursault, Bob Morane, le capitaine Nemo, Quasimodo, Rastignac, Sherlock Holmes, le Saint, Oliver Twist, Ubu, Zazie… le lecteur est invité à une redécouverte décoiffante des œuvres qui ont fait la joie de son enfance, les émois de son adolescence et la passion de son âge mûr. Des articles thématiques (Aventuriers, Bagnards, Femmes fatales, Policiers…) et un double système de renvois complètent l’ensemble de ce qui constitue indubitablement un événement littéraire de taille ! Bernard DELCORD Dictionnaire des personnages populaires de la littérature sous la direction de Stéfanie Delestré & Hagar Desanti, Paris, Éditions du Seuil, mars 2010, 780 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleur, 29,50 €
Je m'appelle Brice Depasse et je vous souhaite la bienvenue sur le blog podcast d'activistes du livre développé par Nostalgie Belgique.
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